Le gaspillage alimentaire

En France, 10 millions de tonne d’aliments qui sont jetés chaque année. Ce gaspillage alimentaire représente 30 kg par an et par habitant. Peut-on éviter le gaspillage alimentaire ? Comment faire ? Nous allons tenter d’y voir plus claire et explorer quelques pistes ensemble.

Le gaspillage alimentaire en quelques mots…

Les causes du gaspillage alimentaire sont nombreuses et liées notamment à la perte de valeur monétaire et symbolique de l’alimentation par rapport aux autres dépenses et activités, à l’évolution de la société et de l’organisation familiale, aux nouvelles façons de s’alimenter, au changement de rythme de vie… Les conséquences sont très lourdes, tant sur le plan environnemental, qu’économique ou social.

Environnemental
Avant d’arriver dans nos assiettes, les aliments sont cultivés, produits, transformés puis transportés jusqu’aux rayons des magasin dans lesquels nous nous servons. Chaque étape a causé l’utilisation de ressources naturelles et des émissions de GES qui s’avèrent vaines lorsque les aliments produits sont jetés.

Économique
Dans un foyer composé de 4 personnes, le gaspillage alimentaire représente 640 € de perdus par an.

Social et éthique
Dans le monde, la malnutrition touche 1 personne sur 6 (soit 800 millions de personnes) alors même que la production agricole n’a jamais été aussi intensive. Ce qui signifie que si la production alimentaire gaspillée aurait pu nourrir une bonne partie de la population souffrant de malnutrition.

 

POURQUOI GASPILLONS-NOUS AUTANT DE NOURRITURE ?

Gaspiller ? Moi jamais ! Pourtant, chaque français jette en moyenne 30 kg d’aliments consommables par an (Source : ADEME), dont 7 kg encore emballés. Lorsque l’on parle de gaspillage alimentaire, l’image qui apparaît tout de suite est celle du consommateur qui jette ses aliments à la poubelle car c’est nous, consommateurs, qui gaspillons le plus : 33% du gaspillage alimentaire a lieu à l’étape de consommation.

La bonne nouvelle, c’est que le pouvoir de changer les choses est entre nos mains mais pas que… Tous les secteurs d’activités sont concernés et génèrent du gaspillage à leur niveau bien avant l’arrivée des aliments dans nos assiettes.

Production et transformation
Les pratiques des industrielles sont une grande source de gâchis alimentaire. L’abandon des céréales non moissonnées et la sélection des fruits et légumes sont les pratiques les plus répandues. Pour que nous ayons des fruits et légumes beaux et lisses dans les rayons, ces derniers sont calibrés et scrutés. Les mal calibrés et les « moches » sont détournés vers l’alimentation animale ou méthanisés pour en faire de l’énergie… Ces démarches peuvent éviter aux déchets alimentaires d’être incinérés ou enfouis, pourtant, elles n’en constituent pas moins du gaspillage alimentaire. En effet, selon la Loi du 11 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage, la définition du gaspillage alimentaire initié par Le Pacte national en 2013 est la suivante : « Toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à un endroit de la chaîne alimentaire est perdue, jetée, dégradée, constitue le gaspillage alimentaire ».

Distribution
Les centrales d’achat des grandes et moyennes surfaces (GMS) achètent les produits par tonne. Cela leur permet de casser le plus possible les prix et engendre des pertes énormes car ils ne sont pas capable d’écouler le volume acheté à temps. Les pertes surviennent ensuite lors du transport lorsque les produits sont abîmés.

Consommation
Souvent faute de temps, les achats se font dans la précipitation, sans vraiment prévoir les besoins. Et puis il y a ces offres promotionnelles qui nous font de l’œil, du type : « 2 produits achetés, le 3ème offert ». Résultat : on achète tout, on achète trop, avec le risque de dépasser les dates et donc de jeter. Jeter oui mais quoi ? Que mettons nous à la poubelle ?

Autopsie de nos poubelles - Vrac & Go

Autopsie de nos poubelles – Vrac & Go

Dans les poubelles des foyers, on retrouve par ordre d’importance : des restes de repas, des fruits et légumes abîmés, des produits entamés (fromages, yaourt…), des produits emballés, du pain.
Des solutions simples existent pour limiter le poids de notre gaspillage alimentaire. Si vous avez besoin d’une motivation supplémentaire, sachez que agir chez vous peut influencer les industriels.

ÉVITER LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE

Pour éviter le gaspillage alimentaire dans nos foyers, quelques gestes simples sont à adopter. Et ça commence bien avant d’arriver au magasin.

Faire ses courses

  • Règle numéro (et la plus importante) ne JAMAIS y aller le ventre vide et encore moins accompagné d’un ou plusieurs enfant affamé.e.s. C’est la meilleur façon de faire des achats compulsifs.
  • Avant de partir au marché/magasin : faire un inventaire des placards, réfrigérateur, congélateur puis établir une liste de course bien précise.
  • Sur le front, devant les stands/rayons : suivre le liste d’achats, favoriser l’achat en vrac.

 

Bien ranger ses aliments

  • Mettre les produits à date courte en avant

Attention DLC (viande, poissons, œufs, lait = consommer au plus tard 7 jours après la date indiquée) et DDM (Produits stérilisés, secs, sucrés = consommable sans danger plusieurs mois après la date)

  • Organiser les repas en fonction de ce qu’il y a dans les placards, le réfrigérateur…

 

La juste dose

Il nous arrive à tous de voir trop grand au moment de préparer le repas. Pour y remédier, adoptons le bon dosage, en suivant les recettes, en calculant les portions selon le nombre de personnes à table. Quelques exemples de dose pour un.e adulte :

  • Riz = 1/2 verre (80 g)
  • Pâtes = 1 verre (60 g)
  • Pdt = 5 petites

 

Réduire les pertes

La poubelle : un réflexe trop systématique pour les restes

Un fond de pâtes, des tomates ratatinée, des restes de repas… pourquoi les jeter alors qu’ils peuvent encore servir à composer des plats délicieux. Surtout lorsque l’on sait que ce sont eux qui sont le plus jetés, avant les fruits et le pain. Pensez soupe , purée, tartes, flan… En bref :

  • cuisiner les restes
  • cuisiner les fanes de légumes
  • brosser les légumes
  • garder le pain dur (chapelure, pain perdu, croûton , farce)

Nous pouvons même limiter les gaspillages en amont. Comment ? En ne surchargeant pas les assiettes, en ne boudant pas l’achat de légumes moches ou encore en optant pour les produits bradés car bientôt périmés (de plus en plus signalés en magasin). Et au restaurant, où nous gaspillons près de 20 kg supplémentaire de nourriture par personne et par an, ayons le réflexe « doggy bag ».

Des outils pratiques

Pour vous aider dans votre démarche anti-gaspi, voici quelques outils pratiques.

Sites internet :

  • Des études complètes et astuces : https://www.ademe.fr

 

Applications mobile

  • Recettes et astuces anti-gaspi : Etiquettable
  • Pour gérer vos date de péremption : Green code, Frizor et Frigloo.
  • Pour trouver des recettes les reste : Frigo Magic.

 

Livres

  • Recettes anti-gaspi – Audrey Le Goff (Hachette Pratique)
  • La cuisine zéro déchet – Stéphanie FAUSTIN (Rue de l’Echiquier)

 

Sources m’ayant aidé à rédiger cet article : pertes et gaspillages alimentaires : l’état des lieux et leur gestion par étapes de la chaîne alimentaire – Etude réalisée par l’ADEME en Mai 2016